Plusieurs représentants d’organisations adhérentes de Droit à l’Energie sont présents à ce événement. C’est le cas de l’organisation canadienne SCFP (Syndicat Canadien de la Fonction Publique) et camerounaise RACE (Réseau Associatif des Consommateurs d’Energie), réprésentées respectivement par Messieurs Charles PARADIS et Serge Olivier HAGBE MATIPA.
Ce rendez-vous sera également l’occasion pour Droit à l’Energie de présenter ses reflexions au Docteur Norbert ROTTGEN, Ministre del’Environnement de la République Fédérale d’Allemagne, aux responsables de la Blue Green Alliance ou encore aux dirigeants de l’Internationale de la Chimie, de l’Energie et des Mines (ICEM).
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Le Président de Droit à l’Energie a également adressé un courrier (ci-dessous) aux Chefs de gouvernement et Ministres présents au COP15.
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A l’attention des Ministres et des Chefs d’Etat participant à la COP. 15
Paris, le 7 Décembre 2009
Madame, Monsieur le Président,
Madame, Monsieur le Ministre,
La conférence de Copenhague qui vient de débuter est le moment pour juger si le monde a la volonté d’entreprendre les changements nécessaires pour à la fois protéger le climat, renforcer la cohésion sociale et le dialogue Nord Sud pour le développement.
Depuis 9 ans, nous prônons l’accès universel à l’énergie qui seul, en association avec l’accès à l’eau, permettra de se rapprocher des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Droit à l’Energie demande que les ONG, dans toute leur diversité, soient considérées comme des acteurs incontournables avec lesquels les institutions se doivent de dialoguer et de négocier la transition vers une économie bas carbone porteuse d’emplois durables et de progrès social, ainsi que de développement dans les pays du Sud.
- Un accord international ambitieux, contraignant et exhaustif visant à limiter la hausse globale des températures à 2°C maximum en respectant les scénarios fixés par le GIEC, réduisant d’au moins 25 à 40% d’ici 2020 les niveaux de 1990 dans tous les pays industrialisés.
- Une contribution accrue des pays riches pour financer la réduction mondiale du changement climatique. Celle ci ne saurait être inférieure à 50 milliards d’Euros et associer Etats et entreprises multinationales intervenant dans les pays en développement.
- La « législation » en matière de changement climatique doit prévoir des dispositions fortes sur la compétitivité internationale garantissant que les nations industrialisées sans programme strict dans le domaine des émissions ne bénéficient pas d’un avantage inéquitable :
. En Europe, par exemple, l’allocation gratuite de quotas aux industries à haute intensité d’énergie exposées à la compétition internationale, pour autant qu’elles soient basées sur les meilleures technologies disponibles et qu’elles soient complémentaires et non alternatives à un mécanisme de compensation aux frontières à activer à partir de 2013, si les distorsions de concurrence au niveau mondial ne sont pas réglées.
. L’introduction d’une véritable traçabilité carbone et sociale de ces produits couvrant tous les stades de leur production et de leur transport. La recherche d’accords sectoriels internationaux est la principale solution, mais la traçabilité du carbone constitue une condition technique à leur mise en place et représente un incitant puissant à leur mise en œuvre ;
. La création d’une « Agence Mondiale » avec déclinaison dans les régions chargées de la fixation des montants et de la traçabilité carbone, généralisée de l’ensemble des produits, agence ouverte aux organisations de la société civile,
. Mettre en place des règles claires avec des instruments législatifs appropriés pour le marché du carbone afin d’éviter les spéculations sur les cours ainsi que les fluctuations trop erratiques et de tisser les liens entre les différents marchés régionaux ; ces règles devront être fixées pour l’Europe par une directive.
. De favoriser des initiatives globales coordonnées en matière de R&D, de partager les connaissances scientifiques, de développer et de disséminer les technologies vertes à l’échelle mondiale en s’aidant de politiques systématiques et de transfert de compétences et de transferts technologiques, de règles régissant la propriété intellectuelle équilibrée, prenant en compte, à la fois ces besoins, les objectifs sociaux et économiques de ceux qui financent la R&D.
. Par ailleurs, les Mécanismes de Développement Propres (MDP) doivent être révisés et inclure ces transferts de compétences et de technologies.
- La prorogation du protocole de Kyoto pour une deuxième période d’engagement doit être étudiée y intégrant de nouveaux Etats émergeants.
. La création d’un fonds international en vue de faciliter le développement de technologies à faible émission de carbone, ainsi que de technologies basées sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables dans les pays en voie de développement, ainsi que le développement de politiques de l’emploi basées sur la formation à ces techniques, la promotion du travail décent et les services publics.
Nous vous remercions, Madame, Monsieur le Président, Madame, Monsieur le Ministre d’intégrer ces réflexions et propositions dans vos ultimes négociations et de nous associer ensuite à leur réalisation. Nos 400 organisations adhérentes, dans près de 70 pays, sont prêtes à assumer la part d’action dévolue à la société civile en partenariat avec toutes les parties prenantes.
Veuillez être assurés de notre respect,
Le Président,
Pierre-Jean COULON.