Propositions

Des propositions constructives

La réduction de la pauvreté dans le monde et le développement sont sans aucun doute les enjeux de cette première moitié du XXIème siècle.

Le programme de réduction de la pauvreté lancé par les Nations Unies, regroupé sous le vocable d’Objectifs de Développement du Millénaire est une réponse dans laquelle se sont engagés les 191 Pays membres de l’Assemblée Générale de l’ONU.
Pour sa part, Droit à l’Energie (et il semble dorénavant que suite à nos différentes adjonctions, une grande partie de la communauté internationale partage cet avis) considère qu’aucun des Objectifs de Développement du Millénaire ne sera atteint sans un accès à l’énergie dans les pays ou régions qui en sont dépourvus, celle-ci conditionnant l’accès à la plupart des services essentiels : eau potable, éducation, santé, nourriture…

Ceci représente un challenge considérable, avec un coût énorme, mais qui doit être comparé aux coûts engendrés par la pauvreté, la solidarité internationale, les subventions sectorielles.

Droit à l’Energie avec son réseau international de structures adhérentes constituées d’ONG, de fondations, d’associations propose une action concertée avec ses interlocuteurs privilégiés : les institutions, les pays et leur gouvernement avec notamment des mesures initiatives portant sur la dette et le développement, ainsi que les entreprises du secteur énergétique.

Ces propositions qui peuvent être regroupées sous la forme d’un Programme des Nations Unies pour l’Accès Universel à l’Energie se synthétisent de la manière suivante :

- Création d’un interlocuteur unique sous la forme d’une Agence mondiale pour l’accès universel à l’énergie. Cet interlocuteur regrouperait de la manière la plus efficace possible l’ensemble des acteurs des agences et programmes travaillant actuellement dans le domaine de l’énergie.

- Recensement des besoins et des moyens nécessaires pour la fourniture d’un accès à l’énergie, en s’appuyant notamment sur la société civile locale. Cette action permet d’avoir une évaluation quantitative des moyens et des niveaux de production nécessaires, mais également des sommes que peuvent consacrer les familles au paiement de leur fourniture d’énergie commerciale.

- Mécanisme d’attribution des lots résultant du recensement précédent : ce mécanisme dont la gouvernance pourrait inclure outre les gouvernements et les bailleurs de fonds, les acteurs de la société civile permettra de lancer des projets de taille supérieure à ceux actuellement initiés de manière non coordonnée par les institutions internationales, certaines entreprises des secteurs de l’énergie voire des ONG.

- Certification ou labellisation «éthique» des entreprises du secteur énergétique par une structure intégrant les institutions et la société civile (Droit à l’Energie par exemple).Nous entendons par certification éthique, un label décerné pour des entreprises s’engageant à :

- Financer une partie des investissements

- Utiliser les ressources locales

- Former et utiliser la main-d’œuvre locale à la construction, l’utilisation et l’exploitation technique, économique et commerciale des installations

- Remettre au pays, à la région ou au village les installations après une période négociée ( 5 à 10 ans).

Ces entreprises labellisées se trouveraient regroupées dans un panel où seraient transmis les appels d’offres ou les attributions.

- Cautionnement de ces entreprises en contrepartie d’un engagement éthique sur des réalisations d’équipement de développement énergétiques, renforçant l’idée des partenariats publics privés et donnant tout son sens à l’action du Global Compact.

Ce cautionnement aurait deux impacts : investissement supérieur des entreprises dans les pays en voie de développement, celles-ci étant assurées au minimum de ne pas perdre de l’argent ; pérennité des infrastructures et des installations construites grâce à un réel transfert de technologie et de compétences. La responsabilité dite sociétale des entreprises serait ainsi évaluée, auditée, mais en contrepartie leurs investissements dans les pays en développement seraient moins risqués.

- Suivi des mises en oeuvre par une gouvernance incluant la société civile et garantissant la transparence, évitant la corruption.

- Mise en place de programmes anticipant l’arrivée de l’énergie dans une région : développement du micro-crédit, formation des salariés et des utilisateurs, sensibilisation des entreprises utilisatrice d’énergie, aide à la création de commerces…

Dans le domaine environnemental, Droit à l’Energie ne préjuge pas des modes de production et de l’organisation des systèmes énergétiques des pays, qui restent de la responsabilité des états donc de leur souveraineté.

La préservation nécessaire des ressources fossiles impose une grande prudence dans les modèles de développement économique, et la recherche d’un bouquet énergétique diversifié partout où cela est possible, réservant la ressource la plus adaptée à l’usage.

La création d’un Produit Intérieur Brut vert pourrait ainsi aider à sensibiliser les gouvernements.

A ce titre, Droit à l’Energie s’inscrit pleinement dans le cadre du protocole de Kyoto.